dimanche 29 décembre 2013
Appel à projet.
Voici une autre petite action qu'il m'arrive de suivre dans le cadre de mon activité. Cela a nécessité deux déplacements et deux ateliers...
Le projet n'a finalement pas été retenu. L'Union Européenne et ses délégations à l'étranger s'inspirent souvent du Seigneur : "Ses voix sont impénétrables"...
L'article est en deuxième page.
Horizon gouvernance n°7
Carrefour
Je ne vais pas parler des grandes enseignes de la distribution qui s'installent au Cameroun. Quoique l'on pourrait mentionner le mythique "Score" de Yaoundé devant lequel fût proclamé l'indépendance du Pays le 1er janvier 1960... Il est maintenant remplacé par un Casino que tout le monde appelle "score"...
Non, il faut simplement que vous puissiez regarder une petite vidéo que j'ai prise il y a déjà quelques temps au niveau du carrefour "Essos" dans le quartier éponyme de Yaoundé. Ils sont nombreux en ville et sont autant de moyens de bloquer toute la circulation aux heures de pointes qui sont d'ailleurs de plus en plus nombreuses !
Bref, j'ai comme l'impression que la circulation des voitures et autres moyens de transport peut être un moyen de comprendre comment se passe le quotidien ici... On s'arrange comme on peut en tenant à peine compte des autres et parfois cela bloque et puis c'est reparti !
Okù
Après le Mont Manengouba, voici quelques photos du Mont Okù qui culmine à 3 011 mètres d'altitude en zone anglophone.
Certes on ne retrouve pas les neiges éternelles mais la température est plus que fraiche pour une ascension d'environ 2h30.
Le village d'Okù est assez pauvre bien qu'assez bien organisé pour le tourisme "roots" comme l'aime les anglo-saxons.
Certes on ne retrouve pas les neiges éternelles mais la température est plus que fraiche pour une ascension d'environ 2h30.
Le village d'Okù est assez pauvre bien qu'assez bien organisé pour le tourisme "roots" comme l'aime les anglo-saxons.
mercredi 6 novembre 2013
Randonnée sur le Manengouba
Les volcans sont nombreux au Cameroun. Le plus célèbre d'entres-eux est bien sûr le Mont Cameroun culminant à 4 011 mêtres d'altitude.
Une des conséquences la plus visible est le grand nombre de lacs de cratères à l'Ouest et dans l'Adamaoua. On peut citer le lac du mont Mbapit, Tison, Ngaoundéré et également les deux lacs jumeaux du Mont Manengouba.
Cette montagne est à cheval sur les régions du littoral et du Sud-ouest anglophone. Les Bororos, gardiens des bétails tiennent les hauteurs et s'installent à peu prés partout y compris sur le plateau en altitude.
8 heures de marche aller/retour pour atteindre le site des lacs jumeaux.
Une des conséquences la plus visible est le grand nombre de lacs de cratères à l'Ouest et dans l'Adamaoua. On peut citer le lac du mont Mbapit, Tison, Ngaoundéré et également les deux lacs jumeaux du Mont Manengouba.
Cette montagne est à cheval sur les régions du littoral et du Sud-ouest anglophone. Les Bororos, gardiens des bétails tiennent les hauteurs et s'installent à peu prés partout y compris sur le plateau en altitude.
8 heures de marche aller/retour pour atteindre le site des lacs jumeaux.
dimanche 3 novembre 2013
Dieu
La question de Dieu au Cameroun est importante. Le besoin de Sacré est insatiable. A l'arrivée des premiers missionnaires au début du XIXème, ce terrain n'était pas non plus vierge. Les populations de la forêt croyaient déjà dans un être "supérieur" (Zamba) accompagné de divinités multiples plus particulièrement dans les zones côtières. Plus haut au Nord, et parfois à l'Ouest l'islam était déjà présent depuis longtemps apporté par les Peuls du Sahel. D'une manière générale, très rares sont les camerounais qui ne croient pas en Dieu.
Les missions religieuses catholiques et surtout protestantes sont innombrables. Les américains du nord sont généralement les plus entreprenants. Il m'est arrivé de croiser une famille "Hamisch" à Bertoua, à l'est du pays venant faire du prosélytisme. On peut voir aussi des jeunes témoins de Jehova habillés de leur pantalon noir, chemise blanche essayant désespérément de faire du porte à porte.
Les missions sont généralement propriétaires de grands espaces, bien construits et bien exploités de longue date. Certaines organisent leurs déplacements en avions privés.
Bien sur, le résultat est là. La participation des croyants aux rites est importante d'autant plus si on est en attente de quelque chose, d'un changement, d'un miracle permettant de se sortir des difficultés quotidiennes. Le Dimanche est véritablement jour de messe où elle peut durer jusqu'à 2h30 de 6h30 à 9h... Ensuite, la communauté se retrouve pour échanger sur tous les sujets. On recherche aussi le pardon d'avoir un peu "malmené" son voisin, sa famille, son collègue afin d'obtenir un peu de subside... Cela n'empêchera de recommencer de plus belle dès le lundi venu.
Tout cela produit une sorte d'ambiance où on fait appel à Dieu à toute occasion, au grés des évènements de la vie. Bonne ou mauvaise chose, c'est toujours Dieu derrière. Disons que la notion de Destin prédomine sur celle de hasard.
Reste le phénomène en très forte expansion des églises "réveillées". D'inspiration protestante et américaine, elles prônent la résolution de tous les problèmes (et ils sont nombreux) par la prière, la foi dans les miracles notamment les guérisons subites en plein milieu du culte.
Bien entendu, on retrouve ces groupes religieux dans bien d'autres pays comme les Etats-Unis mais la particularité Camerounaise se retrouve dans une sorte d'exagération de ce qui est attendu par les bienheureux croyants. Après avoir été délivré de quelques Fcfa vous pouvez accéder à la richesse, au bonheur, à la réussite professionnelle.
Bref, le Cameroun est aussi, comme dans bien d'autres domaines, le grand marché libre de Dieu et de la Foi.
jeudi 5 septembre 2013
Général Leclerc
C'est un peu avec tristesse que j'ai appris ce matin le déboulonnage et la destruction partielle de la statue du Général Leclerc sur la place centrale de Douala à Bonanjo... quelques plaques de rue comportant des noms français ont également été détruites.
Les "activistes" voulaient protester contre le "ras le bol du peuple camerounais vis à vis du colonialisme français !" C'est pathétique de se tromper autant d'époque et de cible. Ce n'est plus la France qui colonise le Cameroun. Elle n'en n'a plus l'envie ni les moyens. Il faut tourner son regard vers l'Extrême Orient désormais qui le fera à sa manière en répétant probablement les errements du passé. Ceux qui connaissent le pays sont plutôt sur une attitude de désolation face à ce qu'ils voient. Reste très certainement la sauvegarde de quelques intérêts économiques mais qui n'échappent pas à la nécessité de bien "huiler" la chaîne de décision pour qu'elle soit favorable (C'est comme cela depuis les débuts des comptoirs européens).
C'est à Douala, dans la nuit du 25 au 26 août 1940 que le Capitaine Leclerc de Hautecloque débarqua sur ordre du Général De Gaulle dans les marais proche du village de Bonanjo avec une vingtaine de tirailleurs pas plus sénégalais que lui pour rallier le détachement du Capitaine Louis Dio venant de Fort Lamy (N'Djamena) et prendre possession de la ville.
Ce regroupement constitue en réalité la création de l'armée de la France Libre dont on connait la suite de l'histoire. La France Libre est née en Afrique. Il ne faut pas l'oublier.
Souvent j'entends les plus virulents dirent que la France et les Français ont volé l'histoire du Cameroun. Il est certain que le colon français n'a pas été aussi malin que le colon romain qui se contentait la plupart du temps de montrer son Droit, sa technologie et son organisation pour obtenir l'adhésion... Nos grandes idées civilisatrices se sont trop souvent confondues avec la violence et à la cupidité. Le racisme n'étant finalement qu'un outil machiavélique pour dénier à l'autre le droit de posséder quoique se soit. Mais ce passé s'éloigne à grands pas et on ne peut s'y raccrocher en permanence pour se trouver quelques raisons d'expliquer les déviations d'aujourd'hui. Ce sont quelques camerounais qui, hier soir, ont volé un peu de notre histoire. Bien fait me direz-vous ! Peut-être. Ce n'est pas pour autant que lors de mon passage à Paris ou dans d'autres villes de France j'arracherai avec colère les plaques des rues qui portent les noms des illustres intellectuels ou hommes politiques africains... Il reste de la France en Afrique mais il y a encore plus d'Afrique en France.
L'avenir du monument, c'est au Gouvernement Camerounais et à la Communauté Urbaine de Douala de le décider.
jeudi 29 août 2013
Banderoles
Le temps s'écoule depuis mon retour de quelques semaines en "métropole" sans que je n'ai ajouté un article à ce blog.
La période de rentrée scolaire et de toutes les publicités alléchantes associées me donnent l'occasion de mettre quelques images sur les innombrables banderoles annonciatrices d'un événement majeur dans la vie institutionnelle camerounaise et son accession à l'Emergence.
Elles concernent beaucoup de colloques, ateliers, séminaires, rencontres, plates-formes d'échanges de tous bords et de toutes tendances. Ils y en a même qui s'affichent avec le logo d'un bailleur de fond international qui bien sûr n'est pas du tout au courant de l'événement. Cela fait plus sérieux quand même ! On prend également soin de désigner un patronage le plus souvent ministériel ce qui confère aux travaux une intensité et une hauteur rarement égalé sur le plan international.
Donc, le développement d'un PPTE (pays pauvre très endetté) maintenant PPRI (pays pauvre à revenus intermédiaires) passe par une myriade d'actions que l'on doit afficher par des banderoles. Vous l'aurez compris, plusieurs avantages. Non seulement cela permet de montrer à cette population ignorante que le gouvernement travaille à son enrichissement (je veux dire de la population...) mais également justifie des budgets bien remplis de dépenses inutiles mais qui ont l'extrême atout de pouvoir "décaisser" l'argent des bailleurs internationaux... et tout le monde le sait, le "décaissement" est l'alpha et l'omega de la coopération quitte à déboucher sur des situations ubuesques. Mais on ne mesure l'efficacité de l'aide qu'aux montants des enveloppes budgétaires consommées...
Et puis il y a un dernier avantage dans tous ces colloques, ateliers, séminaires, rencontres, plates formes : le "Per Diem". Je crois en avoir déjà parlé mais percevoir une compensation financière immédiate après avoir participé à de telles réunions est un plaisir qui permet de mettre du beurre dans les épinards. C'est une sacré motivation ! La course aux per diem fait rage dans les rangs camerounais. Certains bailleurs veulent aussi faciliter l'appropriation de leur bonne parole en incluant une large distribution dans leur budget... et... cela permet aussi de décaisser. Formidable !
mercredi 26 juin 2013
Abidjan
La richesse de la Côte d'Ivoire et le dirigisme d'Houphouet Boigny ont permis à Abidjan de disposer d'infrastructures importantes dignes des années 1970. La "ville" d'Abidjan est en réalité composée de 13 communes dont les plus connues sont "Le Plateau", "Cocody", "Port-bouet", "Treichville"... Elle est immense avec réellement 4 à 5 millions d'habitants. Les grands immeubles sont nombreux dans la commune du Plateau et les hôtels sont chers. Les magasins en zone 4 sont légions.
Pourtant plusieurs choses me permettent de penser que la crise (comme ils disent là-bas) est encore bien là. Les discussions avec les ivoiriens tournent très vite sur la politique en essayant de savoir ce que tu penses tout en restant très prudent car on ne sait jamais à qui on a affaire et cela peut mal tourner... Le retour de Bagbo qui déclarait en son temps "à chacun son français !" fait peur. Les immeubles sont imposants et les routes sont larges mais le défaut d'entretien est réel. Les grands bâtiments sont parfois délabrés et vides de tout. Les journaux du pouvoir font leurs unes sur les soutiens que l'on doit apporter à l'actuel Président. Les réunions de travail sont parfois conflictuelles.
Les rumeurs d'appropriation de l'Etat par les Ouattara circulent bon train avec comme remarque "il est pire que celui d'avant".
Les rumeurs d'appropriation de l'Etat par les Ouattara circulent bon train avec comme remarque "il est pire que celui d'avant".
Autre indice que je ne retrouve pas aussi fortement au Cameroun : les revendications autour de l'ethnicité. Autant que la politique, la question des origines est également très vite abordée : "moi je suis Baoulé et toi tu viens d'où, tu es Breton ?" Ce n'est pas considéré comme une question anodine.
Une ville construite mais mal entretenue, un nombre considérable d'habitants mais vivant séparément, des petites tensions perceptibles dans le quotidien. Une crise qui est finie mais dont les conclusions ne sont toujours pas écrites. Les vrais quartiers populaires d'Abidjan sont repoussés après l'aéroport. On constatera comme d'habitude l'opulence des expatriés et institutions étrangères, une classe moyenne émergente et une vaste population pauvre. Le salaire pour vivre correctement est d'environ 300 000 Fcfa par mois, le double du Cameroun.
J'ai quand même pris le temps de parcourir un peu la côte ivoirienne et de me rendre à Grand Bassam qui fût la première capitale du pays fondée par les français vers 1890. Le site est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. L'administration coloniale se déplaça ensuite à Bingerville et enfin Abidjan (l'endroit où habite les "Bidjan").
Pour le reste et pour une personne vivant au Cameroun, la Côte d'Ivoire est très semblable. J'ai retrouvé avec un petit plaisir les discussions au pied levé sur n'importe quoi, les raisonnements alambiqués pour vous soutirer de l'argent, quelques élucubrations... Les gens discutent facilement, les déplacements sont aisés. L'expérience aidant je me suis donc senti presque chez moi.
mardi 14 mai 2013
Le protocole
Je crois vous avoir déjà sensibilisé à la question du protocole à diverses occasions. Il s'insinue dans de multiples actes de la vie professionnelle voir de la vie quotidienne. Il ne faut pas se tromper, nous avons également nos petites et grandes façons de faire mais ici, au Cameroun et en Afrique francophone en générale cette question est essentielle.
En réalité, cela ne tient qu'à un adage :"l'habit et le titre font le moine"... Le titre de directeur suffit à réclamer sa part du gâteau, avoir un gros 4x4 Toyota avec un chauffeur est signe de distinction et d'autorité, le port de la cravate dans une administration est obligatoire dès lors que l'on s'habille à l'occidental... La répartition des voitures est toujours sources des plus grandes batailles... Dans nos contrées sauvages c'est plus subtil... Il faut maintenant apparaître détaché de l'avoir pour être tout en suggérant que l'on a beaucoup... On ne porte pas la cravate mais un costume hors de prix, la voiture est sans chauffeur mais il s'agit du modèle à la mode des plus récents. L'apparence joue mais sur d'autres ficelles. Ici, au Cameroun, le respect de la fonction est un préalable à tout autre horizon.
Pour illustrer mes propos rien ne vaut des cas concrets...
La première illustration remonte à la cérémonie des voeux pour la nouvelle année 2013. Imaginez-vous dans la plus grande salle du Palais des Congrès de Yaoundé (à la mode chinoise, ses concepteurs et constructeurs...) en présence de tous les "grands" du Ministère... Une cérémonie qui commence par une grande table isolée sur une immense estrade, en retard d'une bonne heure bien sûr.
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| Toutes les autorités ne sont pas là mais elles sont en route... |
Vient ensuite une longue parenthèse puis une distribution des médailles du travail. La plupart des récipiendaires étaient absents. Mon voisin m'indiqua que certains étaient morts, d'autres en retraite depuis au moins 3 ans...
Après, il faut souhaiter les voeux aux ministres (il y en a deux : un ministre et un ministre délégué...). Le manège se met donc en place : services et bureaux se rassemblent et se mettent en rang pour que chaque personne puisse serrer personnellement la main des deux autorités. Devant les photographes. La photo n'est pas bonne mais je l'a mets quand même. C'est toujours mieux que rien.
Le chef du protocole appelle à chaque fois les services ou bureaux : "les distingués membres du cabinet du Ministre !!" Tiens ! c'est à moi, je me mets à la file... on retourne ensuite à sa modeste place et on fait des commentaires désobligeants sur les suivants.
La deuxième illustration est l'équivalent d'un retour en arrière. Une aimable étudiante de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) est venue me rencontrer pour évoquer le sujet de mémoire suivant "La coopération France-Cameroun en matière de décentralisation territoriale". La relecture de ce travail m'a permis d'apprendre que le Cameroun avait mis en place un véritable régime de libertés politiques ce qui explique pourquoi le processus de décentralisation peut sans modération se concentrer sur le "développement", c'est à dire le bétonnage et le bitumage...
La soutenance du mémoire de niveau "master" se fit donc à l'IRIC dans un amphithéâtre de taille modeste mais déjà bien complet sous le regard du Président toujours en exercice Paul Biya. On peut tout de même reconnaître qu'il a su se refaire un nom dans nos contrées sauvages il n'y a pas si longtemps.
Tout le village était presque réuni au grand complet, les parents, les beaux-parents, le mari, les tantes, les oncles, les enfants, neveux, nièces et cousins... A l'entrée des trois membres du jury, tout le monde se leva. Il va s'en dire que l'on était en retard par rapport à l'horaire annoncée. L'éminent Professeur qui a "dirigé" le mémoire s'est évertué à amadouer ses deux autres collègues en expliquant que son étudiante avait été longuement malade et donc qu'elle a été très courageuse de finir son travail. Le rôle de méchant fût dévolu à un "chief examinator" qui utilisa des concepts dont je ne me souviens plus. L'étudiante était particulièrement stressée (ce qui est assez rare à observer ici car souvent c'est très très bien caché) et elle répondit ce qu'elle pu.
Je ne me risquerai pas à faire des jugements à l'emporte pièce sur la qualité du rendu. Les standards universitaires de nos contrées sauvages se délitent autant que ceux d'ici se consolident. 17,5 sur 20 quand même...très généreux... A l'énoncé de la note une véritable explosion de cris, de pleurs, de félicitations se fit entendre dans ce modeste amphithéâtre de l'IRIC. C'était comme une victoire du PSG sur l'OM, les émeutes en moins !
Chacun dût, là encore, venir cette fois-ci embrasser l'heureuse lauréate avec bouquets de fleurs à la clef. L'invitation au coktail ne tarda pas par le mari servant de chef de protocole... vers une salle sans trop de charme dans un restaurant d'Obili (le quartier de l'IRIC) profusion de vin de bordeaux, de mangeailles et de tripailles sur les tables... je pu m'éclipser avec un emploi du temps chargé comme le mien c'était normal.
Avec ce nouveau titre et bien habillée l'étudiante pourra s'élever dans l'échelle sociale Camerounaise même s'il manque beaucoup de barreaux...
La soutenance du mémoire de niveau "master" se fit donc à l'IRIC dans un amphithéâtre de taille modeste mais déjà bien complet sous le regard du Président toujours en exercice Paul Biya. On peut tout de même reconnaître qu'il a su se refaire un nom dans nos contrées sauvages il n'y a pas si longtemps.
Tout le village était presque réuni au grand complet, les parents, les beaux-parents, le mari, les tantes, les oncles, les enfants, neveux, nièces et cousins... A l'entrée des trois membres du jury, tout le monde se leva. Il va s'en dire que l'on était en retard par rapport à l'horaire annoncée. L'éminent Professeur qui a "dirigé" le mémoire s'est évertué à amadouer ses deux autres collègues en expliquant que son étudiante avait été longuement malade et donc qu'elle a été très courageuse de finir son travail. Le rôle de méchant fût dévolu à un "chief examinator" qui utilisa des concepts dont je ne me souviens plus. L'étudiante était particulièrement stressée (ce qui est assez rare à observer ici car souvent c'est très très bien caché) et elle répondit ce qu'elle pu.
Je ne me risquerai pas à faire des jugements à l'emporte pièce sur la qualité du rendu. Les standards universitaires de nos contrées sauvages se délitent autant que ceux d'ici se consolident. 17,5 sur 20 quand même...très généreux... A l'énoncé de la note une véritable explosion de cris, de pleurs, de félicitations se fit entendre dans ce modeste amphithéâtre de l'IRIC. C'était comme une victoire du PSG sur l'OM, les émeutes en moins !
Chacun dût, là encore, venir cette fois-ci embrasser l'heureuse lauréate avec bouquets de fleurs à la clef. L'invitation au coktail ne tarda pas par le mari servant de chef de protocole... vers une salle sans trop de charme dans un restaurant d'Obili (le quartier de l'IRIC) profusion de vin de bordeaux, de mangeailles et de tripailles sur les tables... je pu m'éclipser avec un emploi du temps chargé comme le mien c'était normal.
Avec ce nouveau titre et bien habillée l'étudiante pourra s'élever dans l'échelle sociale Camerounaise même s'il manque beaucoup de barreaux...
vendredi 26 avril 2013
Porto alegre
Je suis devenu depuis quelques jours un fervent partisan des moustaches touffues et des longs discours enflammés. A tel point que je me dis qu'il est nécessaire de propager les bonnes paroles de l'évangile participatif et collaboratif. Bref, je ne crois que dans la démocratie directe ou le peuple rassemblé sur la place publique vote les lois à main levée. Pourquoi ce qui marche en Suisse, que les plus hautes autorités du Cameroun connaissent bien, ne marcherait pas au Cameroun ? D'ailleurs ne devrions-nous pas nous en inspirer pour notre cher et beau pays et le sortir de l'ornière libéralo-capitaliste dans laquelle il se trouve ? Hein ! Qu'en dites vous ?
Nous voici donc partis dans le budget participatif à Bertoua... Ce fût une expérience, on va dire... relative. L'appropriation d'un concept suisse exporté en Amérique du Sud puis rapatrié en Afrique Centrale est encore à approfondir, je crois que c'est le moins que l'on puisse dire. Mais cela a permis de parler et ça, ici, ça n'a pas de valeur...
Voici donc toujours un petit article rédigé par mes soins sur cette "expérience relative".
Venez prendre le lien de l'internationale de la fraternité ici...
Venez prendre le lien de l'internationale de la fraternité ici...
vendredi 19 avril 2013
Histoires d'ici.
Le Cameroun est parfois simple mais le plus souvent compliqué... Je voudrais vous parler de deux histoires qui reflètent assez fidèlement ce qui peut arriver régulièrement.
Prenez une contrée lointaine dans l'ouest. Un grand sultanat dont je vous ai déjà parlé. Le Sultan est contesté dans son Royaume... Une grande partie de la population lui reproche sa complaisance avec le pouvoir en place et ses manigances pour assurer sa propre réussite au détriment de ses sujets. Son cousin, Prince de sang, est opposé à tout cela. Maire élu de la capitale du Royaume, il est celui qui porte la parole des contestataires. Il ne manque pas une occasion pour remettre en cause son cousin sur un plan personnel mais aussi plus globalement le Trône et l'institution royale proprement dite soutenant que le développement et la démocratie ne font pas bons ménages avec ces anciennes pratiques...
Chaque début d'année, les partisans du Prince de Sang se réunissent et vont rendre hommage à leur chef politique. Ils partent de la porte d'entrée de la capitale du Royaume passe devant le Palais pour se rendre devant la résidence du cousin du Sultan.
Mais, cette année électorale est sensible. Tout le monde craint à chaque instant la disparition du pouvoir national en place, l'autorité administrative locale a cru bon d'imposer une modification du trajet emprunté par les contestataires ou les partisans (selon son point de vue) et d'empêcher le passage de l'attroupement devant le palais royal.
Le jour "J" le cortège démarre depuis la grande porte d'entrée. Il poursuit son chemin traditionnel. Arrivés devant la petite place qui précède la résidence sultanique, les personnalités de tête trouvent une barrière les empêchant de progresser. C'est vrai que l'autorité administrative locale n'avait informé le dépositaire de la demande d'autorisation de défilé que quelques minutes avant le commencement de la manifestation...
La situation paraît bloquée. Soudain, des jets de pierre proviennent de la cour de la maison du chef traditionnel. Evidemment, les participants au défilé ne souhaitent pas se laisser faire et ripostent... les forces de l'ordre interviennent et arrêtent plusieurs personnes dans la foule pour avoir lancer des projectiles sur une propriété privée. Ils arrêtent également celui qui est considéré comme l'organisateur du rassemblement pour ne pas avoir respecté la loi.
L'homme est toujours en prison depuis le mois de janvier. Le Prince de Sang et ses troupes, piégés, ne peuvent rien faire.
Je vous laisse lire la 2ème histoire qui illustre plusieurs problèmes dans ce beau pays : la question de la propriété de la terre et des conflits intra-communautaires.
jeudi 28 février 2013
Victoria
Pendant quelques jours et profitant des vacances des sports d'hiver, nous sommes allez à Victoria aujourd'hui Limbé à quelques 40 km de la frontière avec le Nigéria. Je ne vais pas me lancer dans une longue description de cet endroit sous domination d'abord allemande puis britannique de 1916 à 1960.
Quelques tombes de soldats du Commonwhealth rappellent encore cette période.
Quelques tombes de soldats du Commonwhealth rappellent encore cette période.
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Afin d'y accéder on traverse pour une fois des champs immenses de bananiers pour l'exportation (Del Monte Company) et d'hévéa pour le caoutchouc. Pas d'anecdote particulière en dehors du fait que les caissiers des péages routiers cherchent systématiquement à nous rendre la monnaie avec des billets inutilisables... qu'il faut demander à changer immédiatement.
Vu les étendues on peut quand même se dire que la culture intensive est beaucoup plus pratiquée dans cette partie du pays. On alimente alors les polémiques récurrentes sur les différences entre anglophones et francophones... les premiers étant généralement jugés plus travailleurs et efficaces que les seconds... Une petite plaisanterie court d'ailleurs à ce sujet : "le Cameroun est bilingue... mais pas les camerounais".
L'ambiance est bien différente de Kribi, autre zone balnéaire du Cameroun. Ici, il pleut très souvent, les nuages étant retenus par le "char des Dieux" : le Mont Cameroun. La végétation est très dense et très verte. Le climat est chaud et humide. Les plages sont faites de sable volcanique noir. J'ai fais ma petite collection de pierre de lave... On retrouve des constructions qui rappellent bien sûr la belle Angleterre. La zone de Victoria a été très tôt confrontée aux occidentaux depuis le 18ième voire le 17ième siècle, peut être avant même Douala.
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Les missionnaires anglais se sont installés dès 1843 c'est à dire bien avant la prise de possession du territoire par le Capitaine allemand Nachtigal dont j'ai déjà parlé.
Quelques traces existent de cette occupation occidentale et notamment un jardin botanique créé en 1892. Certaines espèces sont assez fabuleuses...
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Il y a surtout un site particulièrement intéressant de traite négrière situé à quelques kilomètres de Victoria redécouvert en 1987.
L'ambassade de Etats-Unis subventionne actuellement le nettoiement du site et la viabilisation de son accès. Bon, évidemment, il faut toujours discuter du "prix" pour visiter avec un parfait inconnu qui prétend connaître celui qui s'occupe des "tickets". Après plusieurs coups de téléphone dont je me suis demandé s'ils étaient bien réels on va à destination.
Un immense travail archéologique devrait être mené. Malgré les explications de notre guide "ad hoc", l'usage des bâtiments devrait être à nouveau recherché car il est très probable que l'endroit a eu plusieurs vies... Certains affirment qu'environ 400 000 esclaves sont passés par cet endroit qui est resté utilisé jusque dans les années 1840 par les africains eux-mêmes. En effet, il est souvent délicat d'en parler mais n'oublions pas qu'il a fallu attendre les années 1880 pour que les occidents pénètrent à l'intérieur des terres d'afrique centrale. Toute la traite se passait avec l'appui des tribus côtières allant chercher de la "marchandise" en "brousse" pour l'échanger contre une multitude d'objets ou d'ustensiles. Je l'ai peut-être déjà évoqué mais la perle est un produit d'importation ici. La perle originelle c'est le coquillage... les autres étaient fabriquées au 18ième siècle et venaient principalement d'Italie.
L'intérêt de cet endroit est réel. En face de l'embarcadère, l'île "Nicholls" permettait d'entreposer les esclaves sans craindre qu'ils ne s'échappent en attendant l'arrivée des navires anglais, portugais, espagnols et français. La plupart des hommes, femmes et enfants qui ont été déportés, étaient originaires des grassfields et des forêts profondes, ils ne savaient pas nager.
Lien vers le petit album photo...
Ah, petit détail, à l'hôtel nous étions gentiment accompagné par un militaire armé...
L'intérêt de cet endroit est réel. En face de l'embarcadère, l'île "Nicholls" permettait d'entreposer les esclaves sans craindre qu'ils ne s'échappent en attendant l'arrivée des navires anglais, portugais, espagnols et français. La plupart des hommes, femmes et enfants qui ont été déportés, étaient originaires des grassfields et des forêts profondes, ils ne savaient pas nager.
Lien vers le petit album photo...
Ah, petit détail, à l'hôtel nous étions gentiment accompagné par un militaire armé...
lundi 18 février 2013
Opération à Douala...
Une action structurée et qui s'est bien déroulée à Douala, capitale économique du Cameroun...
Maintenant il faut en tirer toutes les conséquences. C'est page 6 du bulletin.
Maintenant il faut en tirer toutes les conséquences. C'est page 6 du bulletin.
lundi 21 janvier 2013
Voyage en famille dans le Nord et l'Extrême Nord
Pour la fin de l'année, nous avions décidé de faire le voyage traditionnel vers le Nord et l'Extrême Nord du Cameroun. C'est le tour le plus touristique qui existe au Cameroun. La quasi-totalité des expatriés le font au moins une fois en étant sur place.
Afficher Voyage dans le Nord et l'Extrême Nord sur une carte plus grande
J'avais proposé à la petite famille de remonter (et donc de redescendre) tout le pays en voiture : de Yaoundé jusqu'à Waza. Le trajet est long, parfois pénible mais il a de nombreux mérites. On peut admirer les modifications des paysages et de l'environnement. On passe de la forêt équatoriale aux plaines de savanes africaines puis au décor maintenant bien connu du Sahel.
Les principes étaient assez simples : nous connaissions à peu près les destinations mais nous n'avions réservés aucun hébergement et pas de guide. Cela a été assez rude à certains moments. Nous avons un soir de vrai "Conseil de Famille" pour rassurer et satisfaire tout le monde, mais avec le temps l'expérience sera, je pense, vraiment positive.
Je ne voudrais pas décourager mais l'accès aux sites touristiques est difficile, l'état des pistes surtout vers Rhumsiki est déplorable (environ 3h pour 48 km). Il faut bien chercher sa route, ne pas hésiter à demander et prévoir le pire. Deux pneus ont éclaté... En revanche, on trouve toujours où se loger, se nourrir et réparer les dégâts sur le véhicule. J'avais pris lampe torche, cordes, pelles, câbles pour tirer le véhicule... Quelques notions aussi assez simple comme faire le plein de la voiture tous les jours sont recommandées. Si possible partir avec une voiture en très bon état. La moindre faiblesse se révèle tout de suite dans ce type de voyage.
Enfin, une certaine vigilance est toujours nécessaire. On peut parfois être confronté à des attitudes un peu vives de certains. Arrivés à Ngaoundéré tout cela disparaît devant le sens de l'accueil qui règnent généralement en pays musulman. Nous n'avons pas croisé de militants de Boko Aram ni de coupeurs de route.
Aussi, le Cameroun pratique sans le savoir le tourisme "roots" comme disent les anglo-saxons... mais sans le savoir. Alors avec un peu de volonté et de sens pratique tout se passe bien. Nous sommes évidemment bien loin des hôtels de luxe et des parcours balisés avec des étapes formidables où l'on peut se reposer sur une terrasse ombragée en écoutant de la musique.
Après 3 200 km toute la petite famille est rentrée fatiguée mais avec des beaux souvenirs en perspective, les aspects désagréables du voyage auront disparu.
Dakar
Dakar.
J'en ai beaucoup entendu parlé étant très jeune du fait des nombreux voyages de mon père. Je me souviens même des moments où il se disait qu'il connaissait mieux Dakar que Paris et qu'il pouvait discuter sans difficulté avec les vendeurs à la sauvette sénégalais aux abords des sites touristiques parisiens. J'étais toujours assez fier par l'évocation de certains lieux entre mon père et eux. Cela facilitait grandement la négociation...
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| La principale bière du Sénégal. Douce et légère... |
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| Palais du Président Macky Sall |
Je passerai sur les problèmes habituels de préparation de ce type de voyage où on est censé faire du "résultat" sur le plan des contacts et autres initiatives. La liste de la délégation a été bien entendu tenue secrète jusqu'à deux jours avant le départ. Trop d'appétit des uns et des autres pour y participer. C'est parfois aussi l'occasion d'essayer de percevoir double remboursement de frais, l'un par le ministère, l'autre par un bailleur de fond, voire une collectivité locale française (je connais un exemple) qui veut en profiter pour rencontrer son partenaire au développement. Bon, il ne faut pas généraliser.
Je passerai aussi sur l'opportunité que représente ce type de voyage pour visiter la ville et ses alentours. La présence aux ateliers peut s'en ressentir fortement. La délégation n'a pas été au complet à tous les ateliers du sommet...
Je passerai aussi sur les péripéties habituelles du voyage avec au départ un avion, puis deux, puis un, puis finalement deux quelques heures avant le décollage de Douala. J'ai du d'ailleurs littéralement "sauter" dans l'avion entre Yaoundé et Douala, après avoir régler in extremis la facture, l'agence de voyage ayant "oubliée" de payer le billet... Le remboursement ne posa pas de problèmes.
Le contenu même du sommet et de ses ateliers n'est pas au fond très intéressant. Sur quatre jours de Sommet, il a fallu un jour de mise en ordre de marche. Le principal se trouvant dans l'organisation de rencontres. Autour de 5 000 participants tout de même....
Alors quelques photos de ce que l'on peut trouver à Dakar qui ressemble maintenant énormément à Marseille.
On ne trouve pas du tout le bazar ambiant d'une ville en afrique centrale. Ici tout est à peu près rangé et les voitures circulent vraiment très très bien... Où sont les vendeurs dans les rues ? Et la musique à tue-tête ?
Les restaurants sont pour la plupart tenus par des occidentaux, les libanais et les grecs sont très présents. La ville est cosmopolite avec 1/3 de populations blanches. Elle n'est plus une ville en développement. La présence coloniale française est omniprésente et était très forte.
Pour la petite histoire, j'étais tellement surpris de trouver une ville avec des infrastructures dignes de n'importe quel pays que je me suis mis à les filmer... Dakar, ville africaine, n'est plus...
Alors quelques photos de ce que l'on peut trouver à Dakar qui ressemble maintenant énormément à Marseille.
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| Adresses, plans, quartiers... tout ce que l'on trouve plus difficilement à Yaoundé. Le centre de Dakar se situe au quartier du Plateau. |
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| La chambre de commerce |
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| La Cathédrale de Dakar |
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| Une avenue avec goudron, trottoirs, magasins... |
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| Mauvaise photo de l'île de Gorée depuis laquelle partirent de très nombreux esclaves vers les antilles et les amériques |
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| quartier du Plateau qui jouxte le port de Dakar. |
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| vu sur la côte depuis le quartier du Plateau |
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| Le ministère des affaires étrangères |
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| La Grande Mosquée |
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| La Mairie du 3ème arrondissement de Marseille... euh de Dakar |
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| Le monument du renouveau sénégalais. |
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| Plages à touristes, qui parait-il, se font attendre... |
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